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Xiru 2024 - 4 photos dans 4 lieux   LIBARRENX
Le Chateau d’Etchecopar de Jaureguiberry

Dès le XIVème siècle, le bourg de Libarrenx possédait deux châteaux, ou plutôt deux maisons nobles : l’une se trouvait à côté de l’église et appartenait au seigneur du Domecq, l’autre était la propriété du seigneur de Jaureguiberry.
Suite au mariage d’une héritière de Jaureguiberry en 1777 avec Laurent d’Etchecopar d’Idaux,  ce dernier  devint noble du château de Jauréguiberry d’Etchecopar de Libarrenx et fut admis à ce titre aux Etats de Soule en 1785 . Il fut également maire de Libarrenx (les communes de Gotein et Libarrenx n’ayant été réunies qu’en 1841).
Un fils du couple, Jean-Pierre Paul d’Etchecopar , fut vice-consul de France à Puerto Santa Maria et banquier à Cadix (1791 Libarrenx-1879 Cadix). Avec Marguerite Capdepon, ils eurent  un fils, Adolfo, que l’on voit sur la photo. Celui-ci, après avoir repris la banque de ses parents à Cadix, a été aussi négociant dans la ville de Chiclana, et revint vivre à Libarrenx avec son épouse née à Sus, Marie-Bernarde Galbaud du Fort. Le couple sera alors signalé  propriétaire rentier sur les actes.
Leur fils Adolphe d’Etchecopar, né en 1879,  sera le châtelain de Libarrenx jusqu’à son décés en 1973. Il était célibataire comme trois de ses soeurs qui habitaient avec lui, Jeanne,  Hélène et Marguerite. Une autre soeur, Bernarde, se maria en 1924 au baron  François de Lalande d’Olce, et revint dans sa maison natale à la fin de sa vie. Les derniers occupants du château sont  décédés sans laisser de descendance.
En 1978, la commune de Mauléon  est devenue propriétaire du chateau et de son parc attenant. Après avoir abrité les activités de plusieurs associations (radio locale Xiberoko botza,  centre de loisirs...) le château a été agrandi pour devenir la structure d’accueil actuelle, aujourd’hui gérée par la ville de Mauléon.

Nicole Lougarot
Le café Borau et Pattatta Iriart
Benat Borau (1914-1997) et sa femme Gracianne Epphere (1924-2015) ont tenu pendant longtemps une épicerie-bar-salon de coiffure dans la rue principale de Libarrenx. Des villageois se souviennent de ce commerce ou se trouvaient le  seul téléphone du village, et aussi la  première télévision.
Mais la famille Borau tenait auparavant dans la même rue un autre commerce, que l’on voit sur cette photo de 1958, et dont certains se souviennent évidemment aussi. Cet établissement était semble t-il déjà en activité en 1913, puisque  la mère de Benat Borau est cette année-là signalée épicière  sur l’ acte de naissance  de sa fille, alors que l’année d’avant, les parents de Benat  sont dits tous deux sandaliers sur un autre acte.
Les grands-parents paternels de Benat étaient Aragonais, lui de Aragues del puerto et elle de Hecho. Ils habitaient déjà à Libarrenx en 1887 dans la maison Bentaberry.  Le père de Benat  était né cinq ans auparavant à Mauléon dans la maison Bela de la Haute-Ville. Quant à sa mère elle était aussi originaire  d’ Aragues del Puerto.
Deux frères de Benat décédèrent jeunes : le premier, Louis, industriel de 25 ans, suite à l’incendie de l’usine d’espadrilles familiale Borau à Libarrenx en 1935 ; le second, Henri, prisonnier de guerre en Allemagne, qui mourra en janvier 1945 à 33 ans lors du bombardement de Nuremberg par les alliés.
Quant à Gracianne, elle était originaire de la maison Iriartegoity de Lichans, et issue d’une famille de cultivateurs.
Au centre de la photo montrant un groupe de villageois de tous âges regardant passer les petits danseurs de l’Ecole de Gotein-Libarrenx on     remarque, avec sa longue gabardine et son béret, Pierre Iriart, d’autant plus intéressé qu’il était l’un des moniteurs du groupe.
En effet, au 1er octobre 1956, Arnaud Lougarot, a été nommé, bien que stagiaire, directeur de l’Ecole du village. Ancien danseur du Groupe     Chuberrotarak de Mauléon, il décide aussitôt d’apprendre à la trentaine d’enfants de sa classe les danses souletines et Pierre Iriart, également      ancien danseur, vient lui proposer de perfectionner les meilleurs éléments du groupe en les accueillant chez lui le dimanche après-midi. Dès 1957, le 1er groupe est créé. Il s’illustrera par deux mascarades en 1959 et 1963 et par de nombreuses sorties dans les fêtes de la région.
Pierre Iriart, tout le monde, au village, l’appelait affectueusement  « Pattatta ». Natif de Mauléon, il exerçait le métier de sandalier et avec son épouse Marie et leur nièce Ginette Eyheramendy, ils se sont installés à Libarrenx. Ginette va être pendant plusieurs années l’excellente cantinière du groupe.
En 1964, le groupe des petits danseurs fusionne avec des jeunes du village qui ont l’habitude d’organiser des manifestations. C’est la naissance de Gaztiak dont Pierre Iriart sera l’un des quatre membres fondateurs.
Pattatta va s’occuper du groupe de danses pendant de nombreuses années mais il va aussi prendre une part très active dans l’organisation de deux pastorales dans le village. En 1963, il est l’un des acteurs de Santcho Azkarra et en 1973, pour Pette Beretter, il devient aide errejent.
Après le décès de son épouse Marie en 1979, Pattatta ira vivre sur la Côte Basque où il décèdera en 1996. Depuis cette date, il repose  auprès de   Marie, dans le petit cimetière du village.

Nicole et Arnaud Lougarot

Les sandalières
Sur cette photo vous pouvez voir Monique et Marthe Goyhenetchegaray travaillant devant chez elles à la confection des semelles pour la fabrication d’espadrilles.
Ces deux personnes sont la femme et la fille de Simon Goyhenetchegaray qui fonde l’« Etablissement Goyhenetchegaray », fabrique d’espadrilles, en 1947. Simon, qui fût d’abord un ouvrier d’usine, aidait le soir sa mère, déjà ouvrière à domicile, à coudre les semelles sur des bancs devant la maison familiale « Xokot ». En 1947, il  décide de se faire livrer des tresses et de fabriquer lui-même les semelles. Il envisage ensuite, rapidement, d’acheter de la toile pour fabriquer entièrement les espadrilles. Il crée des aménagements dans la maison familiale en installant un appentis devant et des presses dans le jardin en creusant le talus. Les toiles et les semelles étaient livrées au format de douzaine aux ouvrières à domicile, main d’œuvre encore indispensable malgré que l’entreprise se dote de sa première machine aux alentours de 1960. Le fils de Simon, Jean-Simon, se souvient qu’en hiver la maison se remplissait d’espadrilles, même dans les chambres où l’on dormait entouré de sandales, jusqu’au retour des ventes et du beau temps au printemps.  Jean-Simon rejoint l’entreprise à l’âge de 15 ans et perpétuera, comme son fils Stephan après lui, l’histoire de la fabrique familiale. Installée depuis les années 1980 à Chéraute, elle est maintenant connue, depuis 2017, sous le nom d’entreprise Zétoiles.
Il existait une pratique très commune dans l’industrie des espadrilles de recourir aux ouvriers couseurs à domicile et ce depuis le 19ème siècle.
C’était un travail d’appoint, souvent au cœur de la vie de famille, que l’on faisait en surveillant les enfants ou en discutant avec les voisins. Mais pour autant c’était travail, payé à la pièce, nécessaire pour beaucoup de foyers aux revenus très modestes. Une ouvrière à qui l’on reprochait de faire de trop longs points aurait dit un jour : « A grands points je gagne mon pain mais à petits points je crève de faim ».
Le premier fabricant d’espadrille apparait en 1850 à Mauléon et très rapidement l’activité sandalière fait vivre des centaines de personnes à Mauléon et dans les villages alentours. En 1876, la sandalerie représente 26% des activités non agricoles.
Les actes de naissances du village de Gotein-Libarrenx permettent de dénombrer près de 120 sandaliers-sandalières entre 1880 et 1936, période de prospérité de l’espadrille. Il s’agit sur cette période du métier le plus représenté au village avec celui de cultivateur.
Sur le village de Libarrenx, deux fabriques d’espadrilles se sont succédé.
La première fût celle de la famille Borau, tenue semble t’il par François et ses deux fils Louis et Henri. En 1910, dans l’acte de naissance de son premier enfant, François Borau apparaît déjà comme sandalier. Pour autant, la date de création de  de l’entreprise n’est pas connue. Il est en revanche avéré qu’en 1935, l’usine qui employait alors 50 personnes a été complétement détruite par un incendie causant aussi la mort d’un des fils Borau.
La seconde fabrique fût donc celle de la famille Gohenetchegaray dont nous avons parlé précédemment.
 
Lorraine Jacquot (à partir d’un entretien avec Jean Simon Goyhenetchegaray)
Le Tramway à Libarrenx
La photo du Tram de Mauléon nous a été donnée par Bruno Gorre,
et avait été prise par son grand-père en 1905.
La construction de la ligne d’Oloron à Mauléon fut décidée par le Conseil Général en 1891 mais ne fut achevée qu’en 1905. Les tramways partant de Mauléon passaient à Libarrenx, Gotein, Menditte, Sauguis St Etienne, Trois-Villes, Tardets, Montory, Lanne, Aramits, Ance, Féas, St-Pée, pour arriver à Oloron.
La compagnie qui l’exploitait, ainsi que l’ensemble des lignes du réseau départemental,  s’appelait P. O.M, ayant prit l’appellation de Chemin de fer de Pau, Oloron, Mauléon.
Au départ, le tramway ne s’arrêtait pas à Libarrenx. En témoigne cette demande de Mr De Souhy lors d’une réunion du Conseil Général en 1909 :     "La commune de Libarrenx, bien que payant sa part contributive dans la ligne d’Oloron à Mauléon, n’a cependant d’arrêt que dans son annexe, et comme seule compensation par conséquent à ses sacrifices, que le plaisir, pour ne pas dire l’ennui, de voir tous les jours passer sous ses yeux un certain nombre de tramways ; elle demanderait à obtenir un arrêt facultatif, non pour tous les tramways qui y passent, mais pour ceux n’ayant qu’une correspondance indirecte avec les heures de départ de notre ligne de chemin de fer, de manière à ne point exposer les voyageurs à manquer, à cause de cet arrêt, les trains qu’ils seraient appelés à prendre. Cet arrêt pourrait être accordé pendant une année à titre d’essai, et supprimé si son utilité était ultérieurement reconnue. La commune de Libarrenx ose espérer que sa demande, qui paraît des plus justes, pourra être favorablement accueillie."
Ce voeu déposé fut adopté, et en 1930, l’arrêt de Libarrenx était encore mentionné sur les horaires de la ligne. Cette année-là, 3 tramways partaient de Mauléon jusqu’à Oloron, le voyage durant plus de deux heures. Un tramway partait aussi de Tardets à Mauléon  tôt le matin pour repartir à Tardets le soir.
La société exploitante fut liée à différents groupes (EPAIM – GIROS) puis laissa l’exploitation à une société filiale qui fut déchue de ses droits en 1929. Malgré deux adjudications, le Département ne trouvant pas d’exploitant, il afferma les lignes à la Société Générale des Transports Départementaux (S.G.T.D) qui substitua un service d’autobus à l’exploitation ferrovière.
La fermeture de la ligne Oloron-Mauléon date du 15 septembre 1931.

Nicole Lougarot (Informations recueillies dans le Magazine des Tramways n° 26 – 1983 -2 et sur les rapports du Conseil Général des Basses Pyrénées de 1904)



Itzulpena : Mixel Etxekopar
 
Eskerrik hanitx/ Un grand merci : au Miroir de la Soule pour avoir fourni les photos du bar de chez Borau et des sandalières, et à Elodie (Pierre Alex photographe à Mauléon) pour tout le travail réalisé pour cette exposition.